Les mots ont de la classe
Les mauvais élèves
Tout près du radiateur,
Les mauvais élèves
Sont de doux rêveurs.
Ils écoutent les mouches voler.
Leurs paupières s’alourdissent
Et leurs pensées s’envolent
Très loin de cette école,
Dans un monde imaginaire
Où la vie est meilleure.
Ces bâtisseurs de rêve
Deviendront peut-être
Architectes d’intérieur.
Les bons élèves
Au premier rang,
Les bons élèves
Ne laissent pas souvent
La place au rêve.
Et bien qu’ils brillent
Dans toutes les matières,
Il y a dans leurs yeux
Un manque de lumière.
Ils apprennent tout par cœur
Mais ne connaissent du bonheur
Que la définition recherchée
Dans le dictionnaire.
Au rythme du silence
En ce temps-là,
Le bruit des encriers se mêlait
Au doux crissement
Des plumes sur le papier,
Venant rythmer le silence
D'une classe où il fallait
Lever le doigt pour parler.
D’une craie blanche
Sur le tableau noir de mon enfance,
C’est avec une craie blanche
Que nous écrivions.
Et quand l’un d’entre nous
Était appelé pour corriger,
Il ressentait de l’importance
Et ne se sentait pas persécuté.
Une plume en liberté
Laisser courir sa plume sur le papier.
L’expression est joliment dite,
Voire légère comme une plume.
J’imagine tous ces pleins et déliés,
Animés par leur frénésie de liberté,
Parcourir les pages d’un cahier
Dont l’odeur d’encre et de papier
N’a pas son pareil pour vous enivrer.
Prête-moi ta plume, disait
Cette chanson du temps passé
Où la lune savait encore éclairer
L’esprit de bien des écoliers.
On a mis le pied sur la lune
Et depuis Pierrot s’en est allé.
L’enfant que je suis resté,
Regarde chaque soir à la nuit tombée
La lune dans son quartier,
Avant de coucher sur le papier
Quelques mots dont j’ai le secret.
